« Pour qui sonne le glas (ou fin des haricots pour les vétérans) »

2018-2019
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« Pour qui sonne le glas (ou fin des haricots pour les vétérans) »

Publié il y a 2 semaines par

« Pour qui sonne le glas (ou fin des haricots pour les vétérans) »

« Pour qui sonne le glas (ou fin des haricots pour les vétérans) »

En cette semaine commémorative du centenaire de la grande guerre, les vétérans voulaient rendre hommage à d’autres vétérans, au moins aussi glorieux qu’eux : les poilus. Pour leur ressembler, Jérôme Mandeville s’était laissé pousser les poils dans les oreilles, Erwan ne se rasait plus les poils du pubis depuis belle lurette, tandis qu’Olive Cordonnier arborait fièrement son dorsal à poils de fennec roux. Le forfait supposé de Paul Gervais avait revigoré nos troupes. Mais ne partons pas la fleur au fusil, d’autant plus qu’en face, l’adversaire était de taille : les tenants du titre nous attendaient de pied ferme.

Arnaud nous avait réunis dans le quartier général.

« Les gars, finalement, Polo n’est pas forfait. Il sera à l’arrière de la ligne de front, bien au chaud sur le banc. Ce renfort, c’est un signe. »

Fabio Cardon répliqua : « Polo, un cygne ? Tout au plus un canard. Un vilain petit canard même. »

« Les gars, il va falloir mettre les barbelés aujourd’hui, poursuivit Arnaud qui craignait la force de frappe de l’adversaire. » Puis il nous parla de la grosse Bertha qui faisait de grosses différences dans les défenses. A ce moment-là, le discours sur la grosse Bertha avait perdu Larry qui pensait qu’on faisait allusion à une ex qu’il avait eu à la dernière fête de la bière à Munich.

« C’est bon chef ! Cria le 2ème classe Sébastien Lescène. J’ai miné le terrain. Du moins j’ai commencé par les toilettes » nous annonça-t-il. Il avait courageusement donné tout ce qu’il lui restait, lui qui avait déjà guerroyé la veille au soir au Mexique, dans la fameuse bataille dite du « Tex Mex ».

Arnaud avait intelligemment organisé une défense comme la ligne Maginot. Cela eut les mêmes conséquences : au bout d’une minute, nous étions débordés et nous encaissions le premier but (0-1). Le froid était brûlant, les pieds gelés, chaque touche de balle nous faisait perdre un orteil. Heureusement pour nous, nous ne touchions pas le ballon. Une offensive adverse fit mouche une seconde fois au bout de 15 minutes (0-2). Nous aurions alors pu nous retrancher et laisser le terrain à l’ennemi, mais que nenni (PS pour Benoit Gallien, « que nenni » signifie « pas du tout »). Larry, en tant que meneur de jeu, décida de reprendre les choses en main. C’est vrai que cela peut surprendre de penser que c’est Larry qui est censé mener le jeu. C’est un peu comme des acteurs qui seraient dirigés par un réalisateur aveugle.

Quoi qu’il en soit, une bonne ouverture permit à Hervé de se retrouver face au gardien. Sa frappe maladroite, euh pardon malchanceuse, vint s’écraser sur la barre. Peu après, Nicolas Hélouin offrit un nouveau face-à-face à Hervé sur une passe subtile dont lui seul a le secret. Comme le disaient les soldats à Manille : Belote et rebelote, le montant à nouveau !

Une percée de Benoit Gallien aurait également pu aller au bout, mais celui-ci au moment de frapper s’était visiblement fait amputer le pied gauche.

Une trêve eut alors lieu au bout de ces 45 minutes d’opposition.

Arnaud voulut redessiner le plan de bataille. Il changea ses soldats de formation. C’était si incohérent que l’on douta de sa santé mentale. Il gardait cependant le sourire. « Heureux les pauvres d’esprit » pensait-on. A en croire cette formule, il était très heureux.

Nous eûmes tout juste le temps d’en reprendre un 3ème (0-3) dans ce tohu-bohu lorsqu’un putsch eut lieu. Nous décidions de repasser dans la formation de départ et de faire mine d’écouter les directives. Bien nous en a prit.

L’heure du baroud d’honneur avait sonné. Nous poussions d’un seul homme et Hervé décidemment poissard retoucha le poteau sur un corner direct. Sur une montée folle, Sébastien Lescène à bout de force s’écroula de fatigue dans la surface. L’arbitre confondit son évanouissement avec une agression et offrit un pénalty à Epouville.

« Laissons frapper Hervé, ça va le remettre en confiance, affirma Paul Gervais. »

Hervé frappa, et toucha la barre pour la 4ème fois du match !

« Alors, Paul, ça l’a remis en confiance ? »

« Ca, ça l’achève (de Monsieur Seguin). » reconnut le gros chauve.

La femme d’Hervé lui avait déjà dit : « Quand je te dis que ça ne veut pas rentrer, c’est que ça ne rentre pas. »

Finalement, ce n’était pas l’heure du baroud d’honneur qui avait sonné, mais plutôt le glas de nos espoirs.

De retour aux vestiaires, la défaite était amère. Durant 90 minutes, Hervé n’aura pas connu la réussite. Olive Cordonnier, qui n’a pas étudié la conversion Heures/Minutes du programme de CE2, crut bon de rajouter : « Il aurait même pu jouer 1 heure et demie, il n’aurait pas marqué non plus ! »

Ci-joint : Hervé reçoit le « Jean-Michel » pour avoir su tuer le match. Mais dans le mauvais sens.

Chaque semaine, notre journaliste interview un acteur majeur du club (dirigeant, joueur, fan…)

Aujourd’hui : Sébastien Lescène (défenseur gruyère).

Le journaliste : Sébastien Lobscène bonjour.

Sébastien Lescène : Lescène SVP. Ne confondez pas mon nom avec mes qualités.

Le journaliste : Vous avez raccroché les crampons de bonne heure, certains disent même « à la bonne heure ». Jouer vous manque-t-il ?

Sébastien Lescène : Bah ? Je n’ai pas raccroché. Je joue toujours. Peu et mal mais j’ai toujours ma licence.

Le journaliste : Autant pour moi. Je viens de vérifier : effectivement vous étiez présent lors des deux débâcles d’Epouville. Pensez-vous toutefois à une reconversion ? Entraîner les jeunes peut-être ?

Sébastien Lescène : Ca m’intéresserait car j’aime beaucoup les enfants. Trop d’ailleurs. C’est pourquoi il m’est judiciairement interdit de travailler avec eux.

Le journaliste : Avec des adultes alors ?

Sébastien Lescène : Il faut des diplômes, et ce n’est pas parce que je porte un nom de lycée que j’ai déjà mis les pieds dans ce genre d’établissement.

Le journaliste : Merci Sébastien. Je vous laisse remettre votre slip.

Sébastien Lescène : Sinon vous faites quoi ce soir ?


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